Cela fait quelques années que nous entendons parler de podcasts. Le mot “podcast” a été inventé en 2004 par Ben Hammersley, journaliste au Guardian. Apple a popularisé le mot en 2005 grâce à l’iPod. Mais il aura fallu attendre près de 10 ans pour qu’ils connaissent un réel succès auprès du grand public. (Si vous voulez plus de détails sur l’histoire du podcast, nous vous conseillons de lire notre article qui traite de ce sujet). Mais alors, pourquoi, aujourd’hui, les podcasts connaissent-ils un vrai succès ? Découvrez les raisons de l’essor du podcast dans cet article.
Première étape : la dé-linéarisation de la radio
Tout a commencé il y a quelques années, vers les années 2000, lorsque la radio a pu être écoutée autrement que grâce aux ondes hertziennes, via notamment le web ou des applications dédiées : c’est la délinéarisation de la radio. Des web radio ont été créées, sur lesquelles on pouvait avoir accès à des contenus de radio “classique”. Puis la radio à la demande a été créée, avec la possibilité d’écouter ou réécouter une émission dans son intégralité, ou simplement un passage.
En 2001, le flux RSS (pour “Really Simple Syndication”) est créé. Il permet d’échanger des informations entre différents sites, pages web : c’est ce qu’on appelle la syndication. Au départ utilisé pour les contenus textuels, il va être utilisé à partir de 2004 pour diffuser et partager des fichiers audio, en permettant la syndication (transfert de fichiers entre plusieurs sites) des fichiers audio entre les sites d’hébergement et les sites de diffusion.
Le flux RSS va véritablement accélérer le développement des podcasts et permettre sa démocratisation.
L’essor des smartphones favorise l’écoute nomade et individuelle
En 2005, le Bluetooth embarqué a été intégré aux voitures. La version Bluetooth 3.0 est sortie en 2009, promettant une connexion plus stable et une vitesse de transfert plus rapide. Puis les versions 4 et 5 sont nées, permettant un meilleur débit et une portée plus longue. Les automobilistes peuvent désormais connecter leurs téléphones mobiles ou smartphones à leur voiture pour écouter tout le contenu audio auquel ils ont accès grâce à une simple connexion Bluetooth.
2007, Apple sort son premier iPhone. C’est le premier smartphone tactile d’une longue série, que ce soit pour la marque à la pomme, ou pour tous ses concurrents. Avec l’apparition de ces mobiles, l’usage d’écouteurs et de casques est devenu de plus en plus courant.
Ces deux avancées technologiques nous ont permis d’écouter des contenus audio de façon nomade et individuelle. Il est devenu courant d’écouter des contenus audio (musique ou podcast) lors de trajets, que ce soit en transports en commun ou en voiture. La consommation de contenu audio a donc fortement augmenté.
2 podcasts phares : “Serial” et “The Daily”
Grâce à ces avancées technologiques, des acteurs autres que les radios envisagent alors la création de podcasts, dits “podcasts natifs”.
En France, Arte-radio.com est le premier site internet à proposer des podcasts gratuits, à partir du 1er février 2004.
Paru en octobre 2014, le podcast Serial a marqué un tournant dans le podcasting. Il raconte l’histoire du meurtre d’une étudiante et au fil des épisodes, il refait l’enquête, passe en revue les éléments qui ont mené à la condamnation du suspect. Un mois après sa sortie, il atteint le record de 5 millions de téléchargements et d’écoutes en streaming.
C’est un tournant qui a permis une prise de conscience sur la possibilité d’éditer des contenus audio pour le grand public, sur des sujets qu’on n’aurait pas pensé être popularisés. C’est donc une nouvelle page, voire un nouveau livre qui s’ouvre pour le podcast.
Le format de podcast d’actualité lancé par le New-York Times en janvier 2017 connaît lui aussi un succès fulgurant. The Daily paraît 5 fois par semaine pour traiter de l’actualité avec la participation de journalistes du New-York Times et d’experts des sujets abordés quotidiennement. Avec près de 2 millions d’écoutes quotidiennes, les actualités du New-York Times sont plus suivies sur le podcast que dans les journaux ; une vraie réussite pour le quotidien new-yorkais !
Le premier confinement en 2020
De longues journées qui s’enchaînent et se ressemblent. Moins de travail, si ce n’est plus du tout. Des étudiants qui ont vu des stages annulés. Bref, des journées à occuper autrement que prévu. Mais le premier confinement dû à la Covid-19 n’a pas eu que du négatif pour tous. Durant ce dernier, les audiences de podcasts ont connu une hausse importante. Les Français ont profité de ces heures perdues pour se divertir, s’instruire, s’informer. Selon l’étude d’Happydemics, grâce au confinement, il y a 40% de nouveaux auditeurs digitaux. Le nombre d’auditeurs de podcasts a augmenté de 4%. Les deux tiers des consommateurs audio consomment à présent des podcasts.
Chose intéressante, la tendance n’a pas beaucoup changé depuis. Hormis une baisse des écoutes et/ou téléchargements pendant la période estivale (vacances d’été), les chiffres sont toujours aussi positifs. On recense même une belle hausse avec 80,3 millions d’écoutes et/ou téléchargements de podcast en France métropolitaine et départements d’outre-mer.

Les podcasts ont donc connu un succès récent, particulièrement dû aux audiences de Serial et The Daily, avec une accélération de la tendance en 2017 et une confirmation en 2020 avec les confinements.
Ce média qui offre aux yeux, tant sollicités par les écrans, un repos, semble aujourd’hui promis à un bel avenir.
Si la production et l’écoute de podcasts vont très certainement continuer à croître durant les prochaines années, cette tendance devrait également s’accompagner de reconfigurations à divers niveaux : modèles économiques des producteurs, curateurs et plateformes de diffusion, enjeux juridiques de régulation, soutien à la création audionumérique …
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