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Podcasts : non, tout le monde n’est pas à l’aise derrière un micro (et c’est OK)

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Ça y est, les grandes lignes de la trame de votre podcast sont bouclées et vous êtes désormais à la recherche d’invités ? Comme vous vous en doutez peut-être déjà, il est fréquent d’interviewer des personnes qui ont peu – voire jamais – pris la parole au micro. Qu’il s’agisse de personnels, d’étudiants, de chercheurs de votre structure… chacun peut être plus ou moins à l’aise devant ce type d’exercice.
Comment les amener à être à l’aise, trouver leur juste voix, à dérouler un récit sincère et à capter la singularité de leur témoignage ? Un accompagnement en amont, pendant et en aval de l’enregistrement est nécessaire : accueillir, rassurer, enregistrer dans de bonnes conditions… Voici quelques repères pour que la magie opère — sans pression.

1. Préparer… sans surcharger

L’enregistrement du podcast doit rester naturel, avec tout de même un peu de préparation pour éviter le stress de la page blanche audio.

Les bons réflexes : un mail récapitulatif, envoyé quelques jours à une semaine avant avec :

  • Une trame d’entretien légère avec 3 à 5 grandes questions maximum, que vous piochez dans les différentes parties de votre trame d’entretien.
    Exemple : si c’est le portrait d’un membre de votre structure : une question sur les missions de son travail, une question sur son parcours professionnel, une question personnelle/inspirationnelle…
  • Des précisions sur le format : durée, ton, type de podcast (conversation, narration, portrait…).
  • Un à deux exemples concrets de ce qui est attendu
    Exemple : « raconter une anecdote vécue, votre avis sur le rôle de votre métier aujourd’hui. »
  • Le lieu de l’enregistrement défini : le mieux et de choisir ensemble un lieu où la personne se sent à l’aise, si vous n’enregistrez pas en studio : n’hésitez pas à lui demander s’il y a un endroit calme qui lui est familier et agréable comme son bureau, une salle de réunion libre (en s’assurant au préalable que l’endroit est disponible)…

À éviter :

  • Envoyer toutes les questions, voire le script intégral qui bloque la spontanéité.
  • A contrario, l’absence totale de brief, qui non seulement crée de l’angoisse, mais peut donner une fausse idée de l’exercice pour la personne interviewée : elle risque de se préparer de la mauvaise manière (et donc de partir dans la mauvaise direction).
  • Imposer du public (un collègue, un supérieur hiérarchique…) pendant l’enregistrement sans avoir consulté la ou les personnes interviewées. 

2. Créer un climat de confiance

C’est souvent juste avant l’enregistrement que tout se joue. L’objectif ? Faire oublier le micro.

Les bons réflexes :

  • Arriver en avance, avoir une discussion légère pour détendre l’atmosphère.
  • Prévoir une phase d’échauffement non enregistrée (ou « off » assumé), pourquoi pas lors des tests micro.
  • Prévenir que le podcast ne sera pas diffusé sans la validation de l’invité(e) : expliquer clairement qu’il y aura des morceaux gardés, et que d’autres seront coupés, mais qu’un temps de validation et d’aller-retour sera prévu avant mise en ligne. 
  •  Rappeler qu’il n’y a aucune pression de performance et que ce n’est pas du direct : on peut bafouiller, recommencer, chercher ses mots.
  • Montrer des signes silencieux d’écoute active durant l’entretien pour rassurer l’interlocuteur, comme par exemple des hochements de tête ou un sourire, tout simplement ! Une simple crispation de visage de votre part peut être interprétée de mille et une façon par votre invité(e). 
  • Tenter de ne pas déstabiliser : ne pas insister sur un sujet où vous voyez votre interlocuteur mal à l’aise, ne pas poser de questions-pièges…

À éviter :

  • Les directives rigides telles que « on enregistre tout d’un coup et on ne coupe rien ». Parfois dans « le feu de l’action », la personne interviewée peut confier des choses trop personnelles ou confidentielles, qu’elle peut regretter par la suite d’avoir dit, et demander d’enlever au montage.
  • L’attitude « journaliste radio pro » qui met à distance et peut intimider votre interlocuteur (et donc gâcher la spontanéité et le naturel de l’interview).

3. Monter avec respect

Le montage est l’occasion de valoriser la parole sans la déformer.

Les bons réflexes :

  • Couper les longueurs, hésitations, redites sans trahir le propos.
  • Garder les silences significatifs, les respirations, la voix telle qu’elle est.
  • Réorganiser parfois l’ordre des séquences pour plus de clarté.

À éviter :

  • Ajouter des effets sonores qui n’ont pas de sens pour la personne interviewée ou qui ne correspondent pas au ton de ce qu’elle raconte (si elle parle par exemple d’un sujet « grave », on évitera une musique joyeuse).
  • Lisser à l’excès : on perd en authenticité. Rires, soupirs… font parfois plus de sens que des mots.
  • Couper un propos pour le rendre « plus joli » : ce n’est pas un podcast de fiction.

4. Faire (tout) valider

La personne interviewée vous a accordé son temps et surtout sa confiance… à respecter jusqu’au bout du projet :

  • Remercier, rester à disposition au besoin… Et prévenir des retours du podcast (chiffres, commentaires positifs sur les réseaux sociaux…).
  • Suivre un ordre de validation : nous conseillons d’abord en interne (pôle communication, responsable de structure) puis par la personne interviewée, qui aura la validation finale avant publication.
  • Ne pas oublier d’envoyer vignette et texte de description de l’épisode avant diffusion.
  • Prévenir de la mise en ligne : la personne sera d’autant plus à même de repartager le podcast sur ses réseaux.

Conclusion

Faire parler des non-professionnels, c’est accepter que tout ne soit pas parfait… mais que tout soit vrai. Le rôle éditorial ne s’arrête pas au micro : il consiste à créer avec patience et écoute les conditions pour que l’authenticité trouve sa forme, puis à l’éditer avec soin, respect et cohérence. Et ce que vous réalisiez un podcast en interne ou que vous soyez épaulé par des prestataires.

Pour aller plus loin :
« Pour faire un podcast, il est essentiel de connaître sa maison ainsi que celles et ceux qui la font »
Rencontre avec Fanny Decobert, directrice de la communication du Muséum national d’Histoire naturelle et Claire Goncalves, responsable des partenariats et publicité.


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